Innovations dentaires : quand la réalité rattrape la fiction !

Ces dernières semaines, 3 actualités scientifiques concernant notre profession et notre arsenal thérapeutique ont été publiées et montrent ainsi comment certaines avancées technologiques et la recherche pourraient bouleverser à moyen terme nos pratiques professionnelles et la prise en charge de nos patients.

Sera-t-il possible de s’immuniser définitivement contre les caries ?

La carie est l’une des maladies les plus répandue sur Terre, et touche presque 100% de la population adulte. Pourtant, il n’existe encore au vaccin contre elle. Il se pourrait bien que la situation change d’ici quelques années. C’est du moins ce que laisse espérer les récents travaux de chercheurs chinois de l’Institut de virologie de Wuhan (WIOV), de l’Académie des sciences chinoises. Ces derniers travaillent en effet sur un vaccin prometteur, expliquent-ils dans leur étude, publiée dans Scientific Reports, rapporte Futurism. Son principe est simple: empêcher la création des cavités dentaires -les caries- en s’attaquant directement au responsable, la bactérie Streptococcus mutans.

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La même équipe de chercheurs avait déjà travaillé sur une première version de ce vaccin, baptisé KF-rPAc. Le problème, c’est que s’il était bien efficace contre les caries, KF-rPAc provoquait de sérieuses inflammations. Les chercheurs chinois ont donc essayé de créer un nouveau vaccin aussi efficace, mais dénué de ces vilains effets secondaires. Les tests qu’ils ont réalisés sur des rats et des souris semblent très encourageants.

Une fois vaccinées avec la nouvelle formule baptisée KFD2-rPAc, les souris qui n’avaient pas de carie ont bénéficié d’une « efficacité prophylactique de 64,2% », écrivent les chercheurs dans leur dernière étude. En clair, leur résistance aux caries a augmenté de 64,2%. Les souris qui avaient déjà des caries ont, elles, bénéficié « d’une protection permettant de stopper la progression des caries de 53,9% ». Le tout avec « des effets secondaires négligeables », affirment les chercheurs. « Ces résultats font de KFD2-rPAc un candidat prometteur comme vaccin anti-caries », concluent-ils.

Mais bien que prometteur, le futur vaccin doit encore passer de nombreux tests avant d’être prêt pour les tests cliniques, qui ne garantissent d’ailleurs pas une future commercialisation. Bref, la brosse à dents n’a pas fini de trôner sur le lavabo de nos patients.

Un robot autonome pose 2 implants dentaires sans intervention humaine

Toujours en Chine avec cette fois une première dans l’histoire de la dentisterie : une femme vient d’être implantée par un « robot-dentiste », sans intervention du personnel médical. C’est la pénurie de dentistes en Chine qui a conduit à mettre en place cette expérience. En effet d’après le South China Morning Post, seulement un quart de la population chinoise ayant besoin d’implants dentaires, reçoit aujourd’hui les soins nécessaires.

Pendant 4 ans, un « robot-dentiste » a été développé conjointement, par le service de stomatologie rattaché à la 4ème université militaire de médecine de Xian d’une part, et par l’Institut du robot de l’Université Beihang à Pékin d’autre part. Selon les scientifiques en charge du projet, le robot combinerait l’expertise d’un chirurgien-dentiste et les avantages de la technologie. C’est à Xi’an, capitale de la province du Shaanxi, que s’est déroulée la première implantation dentaire réalisée par un robot. Avant l’opération, les experts ont positionné la machine, procédé aux réglages et réalisé les tests nécessaires. La patiente a reçu une anesthésie locale mais après cela, le personnel médical n’est plus du tout intervenu.

L’opération a duré environ une heure et a été qualifiée de succès. Les implants ont été installés avec une marge d’erreur de 0,2-0,3 mm, atteignant la norme requise pour ce type d’intervention. A suivre donc car la robotisation des actes chirurgicaux  est un sujet d’avenir et une révolution inéluctable. 

La réalité augmentée arrive dans les cabinets dentaires

Annoncée comme la prochaine révolution du numérique, la réalité augmentée ou AR (Augmented Reality en anglais) ouvre un large horizon aux simulations, aux reconstitutions et aux jeux. Si elle va s’inviter petit à petit dans notre quotidien, elle est également prête à franchir la porte des cabinets dentaires. Elle revêt un caractère passionnant pour le monde des soins dentaires et offre d’énormes possibilités. Concrètement, la question est de savoir comment cette technologie peut faciliter les procédures de traitement dentaire, de la planification avec le patient à la collaboration entre le praticien et le prothésiste.

Un des projets phare dans ce domaine s’appelle « Kapanu Augmented Reality Engine » (soit, « Moteur de Réalité Augmentée Kapanu »). Ce logiciel permet aux utilisateurs de superposer leurs designs dentaires sur les enregistrements du patient en mouvement en temps réel. Pour se faire, ils peuvent importer les modèles 3D des restaurations dentaires du patient, mais aussi toute une variété de dents à partir de la  bibliothèque. Ces modèles numériques peuvent être visualisés en temps réel,. Ce test virtuel permet aux patients de voir leur nouveau sourire avant même d’accepter le traitement. De plus, le fait de visualiser l’objectif du traitement facilite la communication non seulement avec le patient, mais aussi entre les professionnels dentaires. Kapanu AG est une start-up suisse fondée en 2015. En juin 2017, Ivoclar Vivadent a fait l’acquisition de Kapanu AG. Depuis, ils travaillent ensemble sur le développement d’applications dentaires innovantes qui relient les processus de la vie réelle au monde numérique.