Plan Priorité Prévention interministériel : une dynamique positive de santé

Le 26 mars dernier, le premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn dévoilaient les mesures de la nouvelle politique de prévention destinée à accompagner les Français tout au long de leur vie. Certaines de ces mesures concernent directement et explicitement la santé bucco-dentaire.

Avec ce plan Priorité Prévention, le Gouvernement franchit un pas important dans la mise en œuvre du premier axe de la Stratégie nationale de Santé 2018-2022 et affiche son engagement en faveur de la promotion de la santé. Dans sa globalité comme dans le détail de la mise en œuvre, ce plan s’accorde avec la vision, le positionnement et les recommandations défendues par l’UFSBD.

Prévention tout au long de la vie

En initiant une dynamique consistant à positionner la prévention comme un pilier de la santé tout au long de la vie, en rupture avec le système principalement curatif mis en œuvre aujourd’hui, le plan fait en effet écho à l’approche de l’UFSBD qui préconise des consultations de prévention régulières à des âges clés.

« La mise en place d’une stratégie et d’un parcours santé couvrant tous les âges de vie telle qu’elle est présentée dans ce document correspond à notre position, et est d’autant plus intéressante qu’elle se décline à travers des dispositions précises et renseignées, avec des propositions ciblées quant à leur mise en œuvre, confirme Benoît Perrier, Secrétaire Général de l’UFSBD. Nous sommes en phase avec les grandes étapes de vie retranscrites dans le document, en particulier celles relatives aux personnes en situation de handicap et aux personnes âgées, où les mesures proposées sont cohérentes avec les recommandations que nous formulons depuis longtemps. »

Convergence de visions sur le handicap et le grand âge
Une mesure concerne en effet l’amélioration de la prise en compte des besoins de santé des personnes en situation de handicap, pour lesquelles l’accès aux soins reste dégradé : les personnes titulaires de l’AAH ont un recours réduit de 9 points pour l’accès aux soins dentaires.
chiffres cléLe plan ministériel prévoit pour cette population la réalisation d’un bilan de santé annuel visant à identifier les besoins de soins, dont ceux en santé bucco-dentaire. Il préconise par ailleurs de mieux prendre en compte la spécificité de la prise en charge de personnes en situation de handicap dans la rémunération des praticiens, dont les chirurgiens-dentistes – le sujet est discuté dans le cadre de la négociation conventionnelle en cours.

La mesure relative à l’organisation des soins bucco-dentaires en EHPAD rejoint également la vision et l’action de l’UFSBD. « En insistant sur la formation des personnels aidants qui s’appuie sur le travail réalisé par l’UFSBD pour le programme ARRCO évoqué dans les mesures et sur le soutien apporté par la télémédecine en particulier, le texte valorise toute la pertinence du dispositif Oralien conçu par l’UFSBD et lancé récemment. La mesure prévoit par ailleurs que la santé bucco-dentaire soit prise en compte dès l’entrée en établissement, conformément aux recommandations de l’UFSBD, et qu’elle soit intégrée de façon systématique dans les projets d’établissements et les CPOM, afin de l’ancrer en tant qu’enjeu du quotidien. »

Le sujet des maladies parodontales chez l’adulte n’est en revanche pas évoqué, alors même qu’elles présentent une prévalence fortement et durablement élevée et qu’elles déterminent à ce titre un besoin de prévention essentiel pour cette population. Le plan demeure toutefois une avancée réelle dans la progression vers un système préventif structuré, soutenu par un investissement de 400 millions d’euros sur 5 ans.

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