La nouvelle Convention du 1er avril 2019 permet aux patients diabétiques de bénéficier d’un bilan parodontal remboursable et facturable 50€.

Ce bilan a pour but d’inciter à la consultation, de suivre les patients atteints de la maladie chronique du diabète, d’informer sur la relation bidirectionnelle entre le diabète et les maladies parodontales, de soigner pour stabiliser la glycémie et motiver les patients à une bonne hygiène bucco-dentaire pour une bonne santé générale.

Nous avons lister toutes les informations nécessaires à la prévention et la bonne prise en charge des patients diabétiques au cabinet dentaire.

Qu’est ce que le diabète?

Le diabète est un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des sucres (glucides) apportés par l’alimentation. Il se traduit par une hyperglycémie chronique (taux de glucose élevé dans le sang) résultant d’une déficience de la sécrétion d’insuline, d’anomalies d’action de l’insuline sur les tissus cibles ou l’association des deux.

En effet lorsque l’on mange, le taux de sucre dans le sang augmente, les glucides sont alors transformés essentiellement en glucose. Le pancréas détecte l’augmentation de la glycémie et sécrète de l’insuline. Celle ci fonctionne comme une clé qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme (les muscles, les tissus adipeux et le foie) où il est transformé et stocké. Le taux de glucose diminue alors dans le sang et est ensuite libéré, en dehors des repas, lors d’une baisse énergétique ou d’une baisse de glycémie, par une autre hormone , le glucagon.

C’est l’équilibre de ces hormones qui permet de maintenir la glycémie stable dans le corps. En cas de diabète, ce système de régulation ne fonctionne pas.

Un diabète est avéré lorsque la glycémie à jeun est ≥ à 1.26 g/l à deux reprises ou ≥ à 2 g/l à n’importe quel moment de la journée.

On distingue principalement deux types de diabète : le diabète de type 1 qui touche environ 6% des diabétiques et le diabète de type 2 qui en touche 92 %. Les autres types de diabète concernent les 2 % restants (MODY, LADA ou diabète secondaire à certaines maladies ou prises de médicaments).

Le diabète de type 1, appelé autrefois diabète insulinodépendant (DID) ou diabète sucré, est habituellement découvert chez les personnes jeunes : enfants, adolescents ou jeunes adultes.

Il se traduit par une soif intense (polydipsie), des urines abondantes (polyurie) et un amaigrissement rapide. Ce diabète résulte de la disparition des cellules bêta du pancréas entraînant une carence totale en insuline. Le glucose ne pouvant entrer dans les cellules retourne dans le sang et élève la glycémie.

on dit que le diabète de type 1 est une maladie auto-immune. Il est traité par prise d’insuline quotidienne

Le diabète de type 2, autrefois appelé non insulinodépendant (DNID) ou diabète gras, apparaît généralement chez les personnes âgées de plus de 40 ans.

Le processus causal diffère de celui du diabète de type 1. Deux anomalies sont responsables de l’hyperglycémie :

  • soit le pancréas fabrique toujours de l’insuline mais pas assez, par rapport à la glycémie : c’est l’insulinopénie ;
  • soit cette insuline agit mal, on parle alors d’insulinorésistance.

Le surpoids, l’obésité et le manque d’activité physique sont la cause révélatrice du diabète de type 2 chez des personnes génétiquement prédisposées. Il se traite par antidiurétiques oraux ou insulinothérapie.

Dans les 2 cas, le traitement repose sur une autosurveillance glycérique, l’activité physique et un suivi diététique.

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Les complications du diabète:

Les hyperglycémies répétées et prolongées entraînent à long terme une altération des nerfs et des vaisseaux sanguins présents dans tout le corps. Des complications qui se traduisent par une cécité, des atteintes des pieds pouvant conduire à des amputations, des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux, des troubles de l’érection, une insuffisance rénale ou des maladies parodontales.

Le diabète est un facteur de risque majeur pour les maladies parodontales. On recense 3 fois plus de parodontites chez les patients diabétiques que chez les non diabétiques (1). Ce qui fait de la parodontite la 6ème complication du diabète (2).

Le diabète, surtout lorsqu’il est mal contrôlé, entraine une inflammation gingivale et retarde les processus de défense et de cicatrisation. 

A l’inverse la parodontite est aussi un facteur aggravant du diabète puisque l’inflammation parodontale augmente, via le sang, l’insulinoresistance (les cellules hépatiques, musculaires et adipeuses deviennent moins sensibles à l’insuline et captent moins le glucose). Un traitement parodontal classique réduisant l’impact bactérien buccal diminue le taux de l’hémoglobine glyquée de 0,4% en 3 mois (3).

Prise en charge des patients diabétiques au cabinet dentaire.

Lorsque le diabète est diagnostiqué, il est important de connaitre si il existe des problèmes systémiques associés (cardiovasculaires, hypertension) et si il est équilibré.

On suit l’équilibre du diabète par la mesure de l’hémoglobine glyquée HbA1c sur au moins les 3 derniers mois.

Si HbA1c < à 7% le diabète est équilibré. 

Entre 8 et 10%, l’équilibre est modéré. 

Au delà de 10%, le diabète est non équilibré.

L’examen parodontal consistera à un examen clinique et sondage parodontal. C’est aussi un temps pour expliquer aux patients les relations de sa maladie avec le parodonte et présenter les méthodes d’hygiène orale.

En cas de diabète équilibré, le traitement parodontal peut être effectué en commençant par un assainissement non chirurgical (pris en charge à hauteur de 80€ / sextant dans la nouvelle nomenclature) puis, si besoin, chirurgical (non pris en charge par la CCAM).

La pose d’implants pour remplacer des dents absentes n’est pas contre indiquée.

En cas de diabète non équilibré, le patient doit être adressé à son médecin généraliste et le traitement parodontal non chirurgical peut être effectué sous antibiothérapie (Amoxicilline 2g par jour pendant 7 jours minimum. Par contre un assainissement chirugical ou la pose d’implant est contre indiqué. Une maintenance parodontale sera instaurée dans l’attente d’une amélioration du contrôle de la glycémie.

Conduite à tenir:

  • réduire le stress chez ces patients: éviter une trop longue attente, les apaiser par le dialogue, effectuer des anesthésies, être doux…
  • s’assurer qu’ils ont bien mangé avant le rendez-vous.
  • Avoir du sucre ou glucagon (1 mg en IV, IM ou sous cutané) à disposition au cabinet en cas de malaise hypoglycémique
  • Encourager à remplacer les dents absentes pour avoir une meilleure mastication et une bonne alimentation.

Bibliographie:

1: Mealey BL. The expanding role of the periodontists: managing the diabetes epidemic. AAP 97th Annual Meeting Miami, 2011

2: Loe H. Periodontal disease. The sixth complication of diabetes mellitus. Diabetes Care, 1993, 16: 329-334

3: Mealey BL, Ocampo GL. Diabetes mellitus and periodontal disease. Periodontol 2000, 2007, 44: 127-153