Combien gagne un chirurgien-dentiste ?

A l’heure où les médias et les décideurs politiques ont décidé de nous attaquer, que des chiffres approximatifs ou sortis de leur contexte sont publiés, intéressons-nous à cette question centrale. En effet, même si la grande majorité des praticiens exercent avec passion, empathie et professionnalisme, aucun d’entre eux ne travaillent pour la gloire sans que l’argent en soit le moteur principal.

Nous vous dressons cependant ici une analyse des revenus des chirurgien-dentistes exerçant en France.

Des écarts de revenus considérables

Tout d’abord, il est assez difficile de déterminer le revenu moyen d’un chirurgien-dentiste car de nombreux facteurs entrent en jeux : âge du praticien, importance de sa patientèle, temps passé dans son cabinet, exercice ou pas avec des pratiques spécifiques …Selon la CARCDSF, la Caisse Retraite Chirurgiens Dentistes & Sages Femmes17 % des chirurgiens-dentistes ont touché moins de 38.616 euros et 10,2% ont gagné plus de 193.080 euros. Des écarts considérables (de 1 à 5) qui croissent régulièrement. 

Une raison importante de cette fluctuation des revenus moyens d’activité des dentistes est la densité de dentistes libéraux présents sur le territoire : plus il y a de dentistes libéraux sur un département, plus le revenu par praticien baisse. Par ailleurs, la CARCDSF révèle que les dentistes de moins de 35 ans ont un revenu de 39 % inférieur à la moyenne. Une donnée reprise dans notre étude sur les chiffres clés de la profession.

En 2014, le revenu moyen d’un chirurgien-dentiste s’élevait à 92 724 euros, ce qui correspond à un chiffre d’affaires moyen (total des honoraires encaissés sur 1 an d’environ 260 000 €). 

Actes à honoraires libres et actes à honoraires opposables.

Lorsque vous exercez en tant que chirurgien-dentiste, les actes pratiqués se divisent en 2 catégories :

  • Les actes à honoraires dits opposables : il s’agit des tarifs d’honoraires applicables aux consultations, aux soins conservateurs, aux soins chirurgicaux, aux actes radiologiques et de prévention (scellement de sillons, examen bucco-dentaire)… déterminés avec précision dans la CCAM (classification commune des actes médicaux)

Ces tarifs conventionnels ne sont donc pas libres, ils sont dits « opposables » aux praticiens qui ont choisi d’exercer à titre « conventionné ». Ces actes ne nécessitent pas de devis.

  • Les actes à honoraires libres. Il s’agit notamment des actes prothétiques, de parodontologie et d’orthopédie dento-faciale pour lesquels nous sommes encore à ce jour libre de fixer ses propres tarifs. Ils peuvent faire l’objet ou non d’un remboursement par l’Assurance Maladie (dans ce second cas on les appelle les actes NR pour non remboursables). C’est cette catégorie qui est ciblée actuellement par notre Ministre de la Santé et sa volonté de mettre en place des plafonds tarifaires par l’intermédiaire d’un arbitrage.

Pour information, les actes opposables représentent à eux seuls environ 65 % de l’activité d’un cabinet dentaire français, mais seulement 35 % de ses recettes. Il est donc très difficile pour un cabinet dentaire français de fonctionner sans l’apport des actes à honoraires libres.

Le coût  de fonctionnement d’un cabinet dentaire

Combien coûte le fonctionnement d’un cabinet et quelles sont les charges du quotidien d’un professionnel de santé libéral ?

Les charges des cabinets dentaires représentent en moyenne désormais 52% des recettes, soit le taux le plus élevé de toutes les professions de santé. Le cout horaire d’un cabinet est lui difficile à déterminer car de nombreux facteurs entrent en jeu et différent selon les praticiens : nombre de jours travaillés par semaine, nombre d’heures travaillées par jour, durée des vacances, type d’équipement présent dans le cabinet, …

Cependant, une analyse de différents postes de dépenses dans un cabinet dentaire permet de tirer les conclusions suivantes : quand un praticien encaisse 100 € d’honoraires, 65 € servent à couvrir tous ses frais et il reste 35 € pour sa rémunération (qu’on appelle bénéfice non commercial BNC) sur lequel il devra s’acquitter de l’impôt sur le revenu.

Voilà un point clair avec des chiffres vérifiés sur la vie économique de notre profession.

Source: Confédération nationale des syndicats dentaires
Source: Confédération nationale des syndicats dentaires